G20 : Le Conseil National répond au Ministre d'Etat
Intervention de la quasi-unanimité des élus du Conseil National (23 sur 24) issus des trois formations politiques représentées au Conseil National (UP-UNAM, R&E), en réaction au communiqué du Ministre d'Etat relatif à la polémique sur le G20.
Intervention de Madame Anne POYARD-VATICAN au nom de la quasi-unanimité des élus du Conseil National (23 sur 24) issus des trois formations politiques représentées au Conseil National (UP, UNAM, R&E)
Je vous remercie d’avoir répondu à l’invitation du Conseil National. Je vais faire une déclaration au nom de tous les Conseillers Nationaux, à l’exception de Monsieur NOUVION, donc 23 élus sur 24, ici présents ou absents en raison de leurs obligations professionnelles, issus de toutes les formations politiques représentées au parlement (UP-UNAM et R&E).
Je rappelle en leur nom que le 15 avril, 21 élus représentant toutes les formations politiques ont adressé un communiqué commun à la presse :
- d’une part pour appeler le Gouvernement à informer le Conseil National de manière plus approfondie et à renforcer la concertation avec lui dans le cadre des engagements qu’il a pris en matière de fiscalité vis-à-vis de l’OCDE ;
- et d’autre part pour lui demander de mettre en place une politique dynamique de communication dans les média étrangers, pour rappeler les réalités monégasques et défendre l’image du pays.
Or, hier, Monsieur PROUST, dans un communiqué, a réagi précipitamment et de manière disproportionnée. Il a perdu son sang froid en s’attaquant personnellement au Président de notre Institution. Nous rappelons donc que le texte a été co-rédigé par les élus et que nous en partageons tous les remarques de fond, y compris nos deux collègues, Nicole MANZONE-SAQUET et Sophie BOUHNIK-LAVAGNA, qui ne l’ont pas approuvé mais uniquement pour des raisons de forme et de timing.
Nous affirmons aujourd’hui solennellement et publiquement notre solidarité vis-à-vis du Président du Conseil National, qui est visé personnellement à tort, puisque je le répète, il s’agit d’une déclaration commune des élus de notre Assemblée.
A ce sujet, de très nombreux Monégasques se sont étonnés auprès de nous depuis 19h hier soir, de la réaction unilatérale du Ministre d’Etat sur les antennes télévisées de Monaco Info, sans avoir pour autant été informés du communiqué qui le fait réagir et que nous avions pourtant adressé au Centre de Presse en début d’après-midi. Force est de constater que le journal de Monaco Info fait la même erreur que le Ministre d’Etat en faisant apparaître en incrustation, je cite, « réaction du Ministre d’Etat à la Tribune de Stéphane VALERI, » alors que cela est inexact, comme je viens de vous l’expliquer.
Nous ne doutons pas que dans le journal de Monaco Info de ce soir, la position du Conseil National sera elle aussi présentée, de manière à proposer au téléspectateur une infirmation équilibrée.
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En effet, nous ne sommes pas en guerre ! Nous ne suivrons pas le Ministre d’Etat dans cette dramatisation excessive de la situation. Non, le Conseil National refuse de s’engager dans cette polémique. En effet, nous regrettons les attaques personnelles et nous ne nous y livrerons pas. Les élus des Monégasques souhaitent adresser, au contraire, un message apaisé et constructif dans la ligne d’une attitude responsable : le Gouvernement et le Conseil National doivent travailler ensemble pour Monaco.
Nous appelons de nos vœux l’unité nationale, qui nécessite la même volonté d’écoute et de dialogue du Gouvernement que du Conseil National.
Nous ne souhaitons donner de leçon sur nos Institutions et la démocratie de notre pays à personne, mais seuls sont irresponsables ceux qui, dans un monde en pleine mutation et en pleine crise, refusent de se remettre en cause.
Nous sommes dans notre rôle légitime quand nous demandons au Gouvernement, sur un sujet essentiel pour l’avenir du pays, plus de concertation, et quand nous présentons un certain nombre de propositions d’améliorations, notamment dans la communication, pour mieux défendre la Principauté.
Emettre des avis différents et parfois critiques, cela est sain et participe d’un débat constructif. Faut-il aussi rappeler qu’émettre des critiques vis-à-vis de certaines actions du Gouvernement ce n’est pas critiquer Monaco, car on ne peut réduire notre pays au seul Gouvernement. La Principauté ce sont des Institutions, dont le Prince Souverain est à la tête, et notamment un Gouvernement, un Conseil National élu par le peuple monégasque, dont nous sommes les porte-parole légitimes, des nationaux et des résidents. Défendre notre pays c’est respecter nos Institutions, leur esprit démocratique, et rechercher la plus grande efficacité pour Monaco, en s’appuyant sur un dialogue constructif. En effet, aucun problème n’a jamais été réglé par un coup de colère.
Le Conseil National ne perdra donc jamais son calme et restera, derrière le Prince Souverain, le défenseur indéfectible des intérêts de Monaco et de sa population, même si certains haussent la voix et perdent leur calme.
Les élus des Monégasques restent et resteront sereins, mais sont très déterminés à poursuivre leur action, dans la même voie et dans la stabilité, pour le bien du pays et de ses habitants.
Nous répondrons personnellement à tous les Monégasques qui nous font part de leur inquiétude. Qu’ils soient dès aujourd’hui rassurés sur la solidité de nos Institutions. La seule crise à laquelle nous devons nous consacrer est celle qui touche nos économies et qui menace notre pays. Sur ce point, nous continuerons à les représenter pour continuer de bâtir, derrière le Prince, la Principauté à laquelle nos enfants ont droit.
