Budget Primitif 2008
Déclaration de Politique Générale de M. Bernard Marquet.
Monsieur le Ministre d'État, Messieurs Les Conseillers, Chers Collègues,
Nous voici réunis pour le dernier Budget Primitif de cette Législature exceptionnelle, comme vient de le rappeler le Président et rapporteur de la Commission des Finances et de l'Économie Nationale.
Cinq ans, ça paraît long lorsqu'on les a devant soi. Et pourtant ils sont passés, ils sont derrière nous maintenant. De sorte qu'aujourd'hui, l'heure est au bilan. Nul ne contestera, sauf quelque rabat-joie de mauvaise foi, que tout au long de cette mandature, les élus des Monégasques ont eu du cœur à l'ouvrage. Mais comme l'a écrit Baudelaire, « l'art est long et le temps est court. »
Pourtant, cette mandature a réellement été exceptionnelle et je n'hésite pas à dire, avec fierté, qu'elle nous a permis d'assister, de vivre et de participer à un tournant décisif et historique dans l'évolution des institutions de notre pays. En effet, cette législature a mis en pratique la réforme Constitutionnelle de 2002 impulsée par l'adhésion au Conseil de l'Europe, et conséquence des volontés de nos princes.
À ce jour et avant la séance Législative du 18 décembre prochain, il y a eu pour les projets de lois : 9 Projets de loi retirés par le gouvernement, 3 Projets de loi rejetés, 22 Projets de loi en cours et 70 Projets de loi votés.
Pour les propositions de Loi : 4 Propositions de loi retirés, 5 Propositions dont le processus à été interrompu par le gouvernement, 18 Propositions de loi adoptés par le Conseil National, 2 Propositions de loi en cours et 11 Propositions de loi déjà transformées en projet de loi.
Cet intense travail Législatif explique en partie pourquoi le temps est passé si vite. Il témoigne clairement de notre volonté pugnace de faire évoluer sereinement la Principauté de Monaco, en réalisant le programme choisi par les Monégasques ; un travail effectué avec le gouvernement Princier dans la recherche du consensus, clé de voûte de notre Constitution.
C'est ce que nous avons réalisé en restant fidèles à la fois à nos Institutions et à nos principes de transparence, de modernité et de justice.
Monsieur le Ministre, dans votre réponse au rapport de la Commission des Finances et de l'Économie Nationale, vous déclarez : « Toutes ces avancées, et je m'en félicite, ont été rendues possibles par un dialogue et une recherche de consensus constants entre le Gouvernement Princier et le Conseil National, preuve du fonctionnement harmonieux de nos Institutions. »
Fonctionnement harmonieux, Monsieur le Ministre ? Il y a un bémol, car je regrette, comme tous mes collègues, que cette année la qualité des réponses des services ait régressé, certains pensant encore qu'ils n'ont pas de compte à rendre à la représentation nationale et s'étonnant des vives réactions des élus.
Ils font une mauvaise lecture de nos Institutions.
Ils font une mauvaise lecture de notre Constitution !
Cette attitude persistante de quelques technocrates, ultra-minoritaires dans la Fonction Publique, en contrariant nos travaux, pénalise la Principauté, son économie, son évolution, les Monégasques, les travailleurs venant à Monaco et les Résidents.
La Modernisation de l'administration ne se décrète pas à coups d'Arrêtés Ministériels, ai-je déjà déclaré l'an dernier de manière prémonitoire, quand vous avez eu le courage d'entreprendre cette réforme indispensable qu'il faut mener d'urgence. Et vous savez que vous pouvez compter sur nous pour voter les budgets nécessaires pour l'avenir du pays.
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, d'avoir pris la peine de remettre les points sur les «i» au sujet du Fond de Réserve Constitutionnel. Cela permettra de faire taire les insinuations perfides d'une opposition qui essaye de réchauffer un plat vieux de 5 ans, celui de cette méthode méprisable de la peur irraisonnée, qui, à l'époque, avait consisté à déguiser l'adhésion de Monaco au Conseil de l'Europe sous la forme d'un épouvantail.
Foin de ces peurs primitives qui relèvent plus de la superstition que de la raison, chacun a pu constater combien l'adhésion a été profitable au pays, jouant un effet accélérateur sur l'évolution de nos institutions. Les résultats sont là, et tous ceux qui avaient voté pour nous en 2003 savent aujourd'hui qu'ils ont fait le bon choix.
Une enquête parue dans un hebdomadaire local nous apprend que le prix de l'immobilier à Monaco a encore augmenté de 50% en 2 ans.
J'en suis ravi pour l'économie du secteur, pour les acteurs du secteur et les spéculateurs, mais j'ose imaginer ce qui se serait passé si notre majorité n'avait pas dés le début du mandat pris ses responsabilités pour la construction d'immeubles domaniaux, en n'utilisant en accord avec le gouvernement Princier, qu'une petite partie des revenus des OPCVM du Fond de Réserve Constitutionnel, pour compenser le déficit issu de la réalisation de cette Priorité Nationale.
Mais je pose une question : Si ce grand projet n'avait pas été réalisé, où serait aujourd'hui plus d'un demi-millier de familles Monégasques ?
Dans le pays voisin, comme avaient commencé à le faire massivement nos prédécesseurs ?
Que se serait-il passé si nous n'avions pas, pour arrêter l'hémorragie de l'exode des enfants du pays, voté la loi 1291 ?
Comme vous, Monsieur le Ministre, J'y vois là la parfaite expression du bon fonctionnement de nos Institutions, et des avancées pour la Principauté, mais il serait de bon aloi de se poser cette question essentielle : qui défend et soutient les institutions ? Nous n'attendons ni une médaille, ni des remerciements, mais j'ose humblement espérer que les Monégasques auront bien compris et bien mesuré tout le travail que la majorité UPM a accompli.
La majorité est sensible aux paroles aimables que vous avez bien voulu dire au sujet du Président et rapporteur de la commission des Finances et de l'Economie Nationale ainsi que sur le travail de la Commission des Finances.
Ceux qui nous critiquent encore aujourd'hui, se trompent de pays, mais surtout, je crois qu'ils se trompent de millénaire. Ils revendiquent l'immobilisme, le passéisme, ou la contestation systématique, sans propositions constructives, maniant la désinformation, la démagogie et essayant de créer des peurs irraisonnées. Saviez-vous, Monsieur le Ministre, qu'ils y en a même qui vont jusqu'à proposer que Monaco sorte du Conseil de l'Europe et retourner 50 ans en arrière ? Laissons-les rêver, ils ne sont pas crédibles. À nous d'être réalistes et pragmatiques.
Et qui est allé défendre nos spécificités, nos Institutions et notre Monarchie Héréditaire au Conseil de L'Europe ? Pas l'opposition qui a refusé d'y aller, mais les élus de la Majorité UPM !
Sachez, Monsieur le Ministre que je partage votre politique de transparence et d'information du public, commune à toute Démocratie et respectueuse de la représentation Nationale.
Et c'est sur cette base que nous allons nous présenter au suffrage des Monégasques le 3 Février 2008, et, fort de cette unité de vue que partagent le Gouvernement et la majorité du Conseil national, j'ose augurer que nous recevrons la confiance de nos concitoyens, afin qu' ensemble nous poursuivions l'évolution sereine.
L'avenir de Monaco est en marche. Je vous remercie de votre attention.
